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"Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance ;
Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
Se multipliant comme un cortège de loups
Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante !
Je vois s'épanouir vos passions novices ;
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;
Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !
Mon âme resplendit de toutes vos vertus !
La voilà mon exclusivité. Je vous livre en avant-première mes impressions concernant un film dont la sortie est prévue le 26mars. Cette avant-première clôturait la semaine du film britannique. Semaine qui aura notamment vu votre serviteur remporter le Grand livre des Monty Python. La grande classe…
Mais revenons en à nos mystérieux crimes. Mystère. C’est le mot le plus adapté à l’ambiance du dernier film d’Alex de la Iglésia (un Crime Farpait). Cette enquête criminelle qui se déroule à Oxford –quelle perspicacité, je vous félicite- peut se situer à mi-chemin entre le Da Vinci Code et le Nom de la Rose.
Qui peut donc commettre une série de meurtres imperceptibles en laissant pour seuls indices les signes d’une mystérieuse suite logique ? C’est la question que vous vous poserez lorsque vous serez tranquillement assis dans vos fauteuils. Des suites logiques, une opposition de style entre un jeune étudiant Américain (Elijah Wood) et un vieux sage Anglais (John Hurt), la présence de l’énigmatique (et excellentissime) Dominique Pinon et une réflexion philosophique en toile de fond sont les ingrédients de ce Cluedo mathématique.
La logique est elle absolue ? Peut on apposer une équation à chaque problème et ainsi le résoudre mathématiquement ? La psychologie n’est elle pas le fruit d’une pensée arithmétique et bornée ? Voilà les questions soulevées par ce film qui sans être un chef d’œuvre reste tout à fait regardable. C’est d’ailleurs là que se situe le paradoxe de ce film. On passe outre l’histoire pour se plonger dans cette réflexion.
Les nombreuses pauses rythmant la narration permettent au spectateur de se concentrer sur l’énigme qui n’est pas si insoluble que ça, en particulier pour les germanophones quelque peu matheux. C’est le principal reproche que je fais au réalisateur. Avoir réalisé un film commercial malgré une excellente idée de départ et un très bon casting (Ah, ce Dominique Pinon !).
Malgré tout, n’hésitez pas à mettre le nez dehors pour voir ce film.
Je profite du tag sournois intenté conjointement par Harmonie et Trazom pour dresser un double autoportrait et inaugurer cette catégorie. Je vais vous livrer un portrait croisé en sept parties.
"Dans ce jeu très simple en théorie et pas évident en pratique, il faut :
Ecrire dans son prochain article 7 choses sur soi bien sûr et secrètes évidemment! Mais ce n'est pas tout! On doit ensuite recopier la règle du jeu, puis laisser à la fin de l'article les
noms de 7 petits blogueurs et les prévenir du tag ainsi commis (en même temps on leur suggère de faire un petit tour sur le blog pour découvrir les secrets dévoilés et le règlement par la même
occasion.) "
-Si les deux se passionnent pour le cinéma, leur approche st bien différente. Julien varie ses films en allant du blockbuster US
au cinéma d’auteur Français tout en passant par l’exotique cinéma Coréen (pas le Chinois, faut pas exagérer non plus). Jack reste figé sur Kubrick et Coppola. Julien devient Jack si l'on encense
Guillaume Canet en sa présence.
-Les deux sont "lactophobes", un comble au pays du fromage.
-Si écouter de la musique est une passion commune, leurs goûts divergent. Jack fait une fixation sur Wagner, Dvorak et surtout la 9ème Symphonie de Beethoven alors que Julien se diversifie plus. De Norah Jones (qu’il est allé écouter en récital au théâtre Antique de Vienne, en compagnie de sa grande soeur) à l’inégalable Mozart, en passant par Goldman (à qui il a emprunté le titre de cette catégorie) et le Rock Britannique.
-Julien aime le sport. S’il pratique le ski de fond en hiver et la course à pied au printemps, c’est pour se remettre en forme et préparer ses sorties en vélo estivales et automnales. Jack préfère le sport à la télé, surtout les chutes et les contre-performances. Jack se délecte également de voir Julien s’époumoner en prenant d’assaut la terrible Tour d’Albon. Julien devient Jack lorsque l'on critique les cyclistes.
-Julien apprécie son terroir. Il se passionne pour son histoire, sa culture et son passé. Jack n’aime pas l’avenir morose qui s’annonce…
-Julien n’aime pas les soirées nocturnes trop arrosées. D’ailleurs, si Jack pouvait en faire autant, ça éviterait sans doute à
Julien de devoir purger son foie et nettoyer les dégâts le lendemain.Ca lui permettrait également d’oublier qu’il a, dans un passé lointain, pulvérisé le record mondial du retour chez soi avec
virages (800m théoriques/2H, quand même…). Merci pour lui.
-Pour finir, Julien amuse tandis que Jack – décidément moins chouette – effraie. Hélas pour vous, les deux sont des adeptes des
jeux de mots...
Je passe donc le témoin à Kally Nigellus, Bonzo, D&D,
Jloup, Petit Page, poteet et Laorra.
Ah. Enfin une rubrique où je vais pouvoir laisser libre à la pensée perturbée de mon double. Une rubrique plus détendue, sans thêmes particuliers, juste
quelques pensées passagères.
Je poursuis donc ma semaine Anglaise avec un vieux film : Sacré Graal.
Le grand classique des Monty Python en version rallongée de… 24secondes.
L’histoire est simple. Prenez un grand classique : l’épopée du roi Arthur et de ses fidèles chevaliers de la Table Ronde lancés dans la quête du Graal. Ajoutez y une touche d’humour so British (Qui a osé dire lourd et pas drôle ?), quelques non-sens disséminés ça et là (si peu…), des parodies de chevaliers héroïques à souhait (Lancelot et son style inimitable…) et un zeste d’anti-francisme (un chouia). Saupoudrez le tout de parodies de héros légendaires tels que le lapin - dragon, le chevalier noir - homme -tronc, l’hydre à trois têtes qui ne sont pas d’accord entre elles ou encore les chevaliers du NI. Mélangez et servez dans un anachronique panier à salades. Vous obtenez alors un renouveau de l’humour qui a inspiré un trop grand nombre d’humoristes.
Si Sacré Graal et son pendant Biblique, la Vie de Brian, nous procurent d’agréables réactions, ce type d’humour nonsensique semble épuisé. Trop de « comiques » ont suivi cette voie et ont terni ce rire. Ce type d’humour est finalement comme le burlesque, c'est-à-dire qu’il s’administre à doses homéopathiques. Un Charlot un trimestre, un Monty Python un autre, un Buster Keaton un quatrième et un autre comique de votre choix pour finir l’année et vous voilà parés pour l’année suivante.
C’est étrange. Etrange que le Julien d’Or du meilleur film vu en salle en 2007 soit un film daté de… 1925. Etrange également qu’il s’agisse d’un film burlesque et muet. Comme si depuis, le temps s’était arrêté net. Faut il y voir une trace de nostalgie ? Je ne crois pas. Ce que je crois en revanche, c’est que le rire a disparu. Le rire, cette manifestation d’un sentiment de gaieté par un mouvement de lèvres. Comme si de nos jours, ce geste était impossible. Qu’est donc devenu le cinéma ? Où est passée la comédie ? Certes, il y a bien des films classés dans cette catégorie qui sortent en salle mais est-ce suffisant ? Faut-il être estampillé film comique pour provoquer l’hilarité ? Certainement pas. L’avenir de la comédie me laisse donc perplexe et il faudra slalomer dans le potager du cinéma pour y dénicher les perles rares. Vous avez également le rire de Polanski et de ses vampires pas si lointains que ça. Encore du burlesque....
Plusieurs d’entre-vous ont également plébiscité Lettres d’Iwo Jima, le second volet du diptyque de Clint
Eastwood sur la bataille éponyme. Choix judicieux tant la sensibilité des personnages alterne avec le réalisme des scènes de guerre. Le tout entrecoupé de flash-back
sur le passé des personnages.
Pour les acteurs, le rôle d'agent double de Viggo Mortensen a su vous éblouir. Sa performance vaut le détour et pourrait lui rapporter l'Oscar.
Coup de chapeau tricolore pour finir à la Graine et le mulet d’Abdellatif Kechiche, le digne successeur de la Nouvelle vague. Sa jeune actrice vous a troublé et elle a donc fort logiquement remporté le Julien d’Or de la meilleure actrice. Quant à lui, il confirme sa position à part dans le cinéma Français. Longue vie à son cinéma simple , harmonieux et peu onéreux.
It’s a free world… Titre évocateur et teinté de cynisme comme un espoir balayé sans cesse par les démons modernes. Voilà qui
pourrait résumer l’ambiance du dernier film de Ken Loach.
Une fois n’est pas coutume, le réalisateur choisit le point de vue de l’oppresseur plutôt que celui de l’opprimé. C’est donc à
travers les yeux de la blonde Angie (Kierston Wareing), sorte de lionne allégorique du libéralisme que l’histoire avance. Avance. C’est bien le mot car tout le film se
déroule sur un rythme endiablé avec de rares pauses. N’est pas là le rythme de notre société ? Une société où les décisions s’enchaînent sans tenir compte des avis humains. Une société où
règnent les actifs au dépend des passifs. Une société d’enfermement où l’on évolue dans un espace clos cerné bar des barrières et des grillages. Une société de surenchère ou finalement le rêve
devient devient une notion abstraite et utopique. En un mot : une société pessimiste.
C’est
l’angle choisi par le cinéaste pour son dernier opus.
Cette Angie dont la vie va de déceptions amoureuses en échecs professionnels décide de se prendre en main. Et quelle prise en main… Ancienne employée d’une agence d’intérim chargée du recrutement
en Europe de l’Est, elle franchit le pas et se met à son compte.
Ne reculant devant aucun scrupule, du moment qu’elle et son fils vivent en paix, et aidée par sa colocataire Rose, cet Ange va se transformer en démon moderne. Ni les scrupules et ni les remords
de son amie ne vont l’empêcher de mener à bien son projet.
Ken Loach enchaîne les plans serrés et montages secs dans ce film sombre pour mieux nous montrer l’enfermement de ce monde où l’homme est une marchandise comme une autre. Un film impitoyable, implacable et imparable.
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