Lundi 31 mars 2008

 

Du plus profond de la tranchée

Nous élevons les mains vers vous

Seigneur ! Ayez pitié de Nous

Et de notre âme desséchée !

 

Car plus encor que notre chair,

Notre âme est lasse et sans courage.

Sur nous s’est abattu l’orage

Des eaux, de la flamme et du fer.

 

Vous nous voyez couverts de boue

Déchirés, hâves et rendus…

Mais nos cœurs, les avez-vous vus ?

Et faut-il, mon Dieu, qu’on l’avoue ?

 

Nous sommes si privés d’espoir,

La paix est toujours si lointaine,

Que parfois nous savons à peine

Où se trouve notre devoir.

 

Eclairez-nous dans ce marasme,

Réconfortez-nous, et chassez

L’angoisse des cœurs harassés :

Ah ! Rendez-nous l’enthousiasme !

 

Mais aux Morts qui ont tous été

Couchés dans la glaise et le sable,

Donnez le repos ineffable,

Seigneur ! Ils l’ont bien mérité.

 

Jean-Marc Bernard

(Juin 1915)


 

Comme annoncé, je vous présente le principal poème de Jean-Marc Bernard, composé dans les tranchées. Il est encore lu lors des commémorations.

par Julien publié dans : En passant par chez moi communauté : Les Cheminants
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Lundi 31 mars 2008

Toujours dans l’optique de vous faire découvrir ma petite bourgade, je vais maintenant attirer votre attention sur  un poète qui y a séjourné six années durant. Comme vous l’avez deviné en lisant le titre, il s’agit bien de Jean-Marc Bernard.

 

Jean-Marc Bernard vit le jour à Valence le 4 septembre 1881. A la mort de son père, en 1902, sa mère s mère vint s’installer à Saint Rambert tandis que lui retournait  à Valence, qu’il avait quittée pour ses études. De nature influençable, il adhère aux idées politiques d’un dénommé Raoul Monier. Cette personnalité influençable se ressent dans ses écrits de l’époque puisque l’on remarque un certain classicisme, efficace mais sans grand génie pour autant.

 

L’année 1909 marque un tournant puisqu’il vint s’installer chez sa mère, à Saint Rambert d’Albon (une plaque commémorative est encore présente sur l’appartement du 21  Rue de Marseille) donc, et va commencer à s’émanciper intellectuellement. Le logement maternel servait de repère à son petit monde d’écrivains parmi lesquels se trouvait Francis Carco. Ce petit groupe refaisait le monde intellectuel et animait plusieurs revues littéraires. Jean-Marc commença à publier ses premiers recueils poétiques. Sa notoriété commençait à s’étendre grandement jusqu’à ce que la Grande Guerre éclate. Il s’engagea et fut envoyé en Artois, sous un fort bombardement ennemi. C’est là qu’il publie son principal poème, De Profundis, que je vous détaillerai dans mon prochain article. Ce poème lui promettait une renommée nationale mais il n’eut pas le temps d’en profiter puisqu’un obus l’anéantit le 8 juillet 1915.

 

L’Académie Française a publié l’ensemble de son œuvre en 1923 et Valence, Vienne et même Lyon (j’ai bien vérifié) ont donné son nom à une de leurs rues.

par Julien publié dans : En passant par chez moi communauté : Les Cheminants
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008
Un peu d'aviation pour compléter ce blog. Je vais en effet vous parler d'un aviateur méconnu puisqu'il s'agit ni plus ni moins de l'immense Jules Védrines.

D'accord, ce n'est pas le plus connu des aviateurs. Et pourtant.

    Né en Seine Saint Denis en 1881, il a commencé par devenir mécanicien avant de finalement piloter de ses propres mains. Il obtint son brevet de pilote en 1910 et c'est à partir de cette date que ses exploits commencèrent. Il commence par battre quelques records de vitesse puis finit par s'intéresser aux records symboliques de distance. Classé comme pilote chevronné, il fit profiter aux autres casse-cou des ses talents et était entre-autre, l'instructeur de Georges Guynemer avant que celui-ci ne tombe au combat. Il avait pourtant une particularité puisque ce brave homme allait déposer des espions derrière les lignes ennemies avant de les récupérer ensuite. Il n'avait pas froid aux yeux.

    Après la Guerre, il réussit le pari de se poser sur le toit des Galeries Lafayette malgré l'interdiction en vigueur.

Mais venons-en au fait qui nous intéresse tous: pourquoi est-il mentionné dans cette rubrique?
Et bien figurez-vous que ce brave homme n'a rien trouvé de mieux à faire, le 21 avril 1919, que de s'écraser dans ma petite ville. Il allait inaugurer la première ligne de courrier aérien entre Paris et Rome lorsque son moteur a commencé à avoir des ratés.

Voici un témoignage que j'ai récupéré dans un livre sur ma commune (Histoire de Saint-Rambert d'Albon par Pierre Martin)

"Je vis vers dix heures et demi un avion qui tournait au-dessus de moi et qui avait l'air de vouloir atterrir ; à ce moment, il se trouvait à 300 mètres environ et, par larges spirales, cherchait un terrain propice, chose qui, en cet endroit, est assez rare. Védrines avait sans doute une panne de ses moteurs, car on n'entendait aucun bruit ; il essaya sans doute de les faire reprendre, mais en vain, car j'entendis les ratés qui se produisirent à ce moment-là.
Tout allait encore, et il allait vraisemblablement se mettre face au vent pour prendre son terrain, lorsque, dans son dernier virage, à 20 mètres de hauteur environ, avec vent arrière, l'appareil parut pris dans un remous et fut plauqué au sol. Védrines ne fut sans doute à cet instant plus maître de son appareilet il ne put effectuer un demi-virage : l'appareil vint s'écraser sur le sol parallèlement au sens du vent."

Ce que Pierre Martin ne précise pas, c'est le nom de l'appareil en question. Je serai assez curieux d'en apprendre plus.
par Julien publié dans : En passant par chez moi communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008
Qui a eu le malheur de passer au dessus de chez moi le 21 avril 1919 et aurait mieux fait de ne pas le faire car ça lui a été fatal?
par Juju publié dans : Enigmes du passé communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mercredi 26 mars 2008

Souvenez-vous. Je vous avais laissé en plein « chaos mérovingien » avec la partition du diocèse de Vienne par l’évêque Brochard. Guigues profita alors de l’offrande pour s’installer à Albon et en faire la capitale de son comté. C’est lui que les historiens désignent comme Guigues Ier « le vieux » (il est mort fort âgé). Les terres de ce comté ne vont cesser de s’accroître par le biais de différentes manœuvres. Guigues Ier s’attira les faveurs de l’Empereur Henri III et reçut le Briançonnais en récompense. Ceux qui connaissent la région doivent commencer à s’inquiéter parce que si l’on regarde une carte, on s’aperçoit qu’il y a un certain nombre d’hectares entre Albon et Briançon. Les Guigues n’ont eu de cesse de réunir leurs terres le plus pacifiquement possible. C’est ainsi que Guigues Ier  reçut le titre de « Prince du Grésivaudan » vers 1050 des mains de son cousin Mallein, l’évêque de Grenoble.

Son fils Guigues II dit « le Gras » lui succéda pour une courte période mais son épouse eut le temps de donner naissance à un fils, le futur Guigues III dit « Le comte ».Pas grand-chose à signaler pour celui-ci. Son épouse, la fille du roi d’Angleterre,  mit au monde deux fils dont l’un régna sous le nom de Guigues IV. C’est là que l’histoire devient intéressante. Guigues IV succéda à son père en 1133 mais des textes datant de 1110 parlent d’un certain « Guigo Dalphinus ». Guigues IV fut donc le premier souverain à porter le surnom de Dauphin. Pourquoi ce surnom précis et pas un autre ? Je n’en sais rien. Plusieurs thèses ont été évoquées mais les historiens ne semblent pas se mettre d’accord entre eux. Le nom de Dalphinatus -Dauphiné- n’apparut pour la première fois qu’en 1293. Quoiqu’il en soit, à la mort de Guigues IV, son fils Guigues V reçut également le surnom de Dauphin. La dynastie des Guigues d’Albon n’eut cependant pas à profiter longtemps de ce surnom puisque Guigues V s’éteint sans héritier mâle et avec lui la dynastie des Guigues d’Albon.

 

Avec lui s’achève ma trilogie sur Albon. Les Guigues d’Albon sont donc à l’origine du développement politique, économique et militaire de cette belle région qu’est le Dauphiné.  D’autres dynasties se succéderont mais le prestige d’Albon s’effilochera au fil des décennies
par Juju publié dans : En passant par chez moi communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 23 mars 2008

J’ai profité de la 24ème édition des Reflets du cinéma Ibérique et Latino-américain pour visionner un film charnière des années 90. Ce film d’Alex de la Iglesia (Crimes à Oxford) ne vous dit rien et c’est bien dommage.

J’aime de plus en plus ce réalisateur et pas seulement parce qu’il arbore la barbe des Dieux du cinéma (Coppola, Kubrick…).  Son talent ne se limite pas à son physique mais bien à sa capacité bousculer le cinéma et à rajouter une touche personnelle à un scénario efficace mais sans plus.

Suivre les pas de ce curé qui s’est donné pour mission d’entrer en contact avec le Diable afin d’assassiner son fils qui devrait naître le 25 décembre 1995 (rien que ça) est un vrai régal. Il est bien évident qu’un tel scénario ne peut que s’agrémenter d’humour noir (noir noir et non pas noir… un peu blanc) distillé à souhait. C’est heureusement le cas et rien que pour ça, le film vaut le détour. A voir également la galerie de personnages, tous plus improbables les uns que les autres. Du « death-métaleux » au roi de l’audimat « mystique » en passant par la mère un tantinet malcommode et la blonde pimbêche, ces portraits sont un vrai régal. Si l’on ajoute une Madrid en plein chaos urbain et la venue tant attendue du Diable, on obtient un vrai film culte pour des milliers de personnes.  C’est d’autant plus un film culte qu’il marque le retour du cinéma espagnol au plus haut niveau. On peut classer ce film dans le genre réalitico-fantastique, au même titre que ceux de Guillermo del Toro, l’humour en plus. Cette vague espagnole déferle sur la planète Cinéma et nous rappelle qu’il n’y a pas que Pedro Almodovar qui sache réaliser des films au pays de Cervantès.

Mais qui pouvait en douter ?


par Julien publié dans : Cinéma communauté : ciné-blogs
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 22 mars 2008
Blogueurs, blogueuses

Je vais devoir m'absenter de la blogosphère pendant un certain temps puisque je n'aurai plus accès à internet. J'ai prévu quelques articles mais je ne pourrai pas répondre à vos commentaires. Je vous laisse donc en compagnie de quelques films, des Comtes et quelques personnages. Vous voilà donc en charmante compagnie.

A bientôt.

 
par julien publié dans : Vie du blog communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 21 mars 2008

 

C’est le film Américain de l’année. Film Américain, quel terme péjoratif.  A cette simple association, j’entends déjà les reproches affluer. « Et encore des cow-boys qui se croient sur un champ de tir ». Certes, mais ce serait mal comprendre ce genre de cinéma.

En se laissant pénétrer par le film, le spectateur se retrouve plongé dans une expérience assez intéressante.

Et si le scénario n’était qu’un rideau de fumée ? Et si le personnage principal ne servait à rien ? Et si Javier Bardem faisait son entrée au Panthéon des plus grands Psychopathes du cinéma ? Et si derrière l’apparente folie de son personnage se cachait une perception différente du rapport à autrui ? Et si les frères Cohen n’étaient pas en train de nous démontrer que faire des films en famille en améliore la qualité de façon tout à fait exceptionnelle ? Et si les Frères Cohen inspiraient d’autres frères Français ?

 Est-ce que c’est normal que je me pose tout un tas de questions pendant un film ?

 

Vous l’avez bien compris, No Country for Old Men n’est pas un film comme les autres. J’entends par là qu’il ne correspond à aucune convention et en est même inclassable. Les personnages les plus travaillés sont les trois rôles secondaires : Javier Bardem en tueur philoso-psychopathe ; Tommy Lee Jones en policier poursuivi par ses fantômes et dépassé par une réalité trop effrayante ; et le Personnage féminin, perdu dans cette histoire que seule l’Amérique peut nous offrir.

 

L’histoire, et bien parlons-en. Un homme parti chasser l’antilope au fusil à lunette trouve un sac de dollars perdu au beau milieu d’un carnage. Il commet l’erreur de l’emporter et de provoquer le courroux d’un tueur complètement cinglé jurant de le retrouver. Dit comme ça, je conçois que ça ne fasse pas envie. Mais pourtant. Le rythme est étrangement lent, le temps de permettre au spectateur de réfléchir. Malgré les apparences, on est bel et bien en face d’un film cérébral et remarquablement bien soigné. Les contrastes sont saisissants et le calme apparent surprend, comme si les personnages évoluaient au ralenti.

 

C’est un film saisissant.

par Juju publié dans : Cinéma communauté : Cinéma, Cinémaaa
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 16 mars 2008
Print0001.JPG
La photo n'est pas terrible mais on doit tout de même reconnaître la bâtiment.
par Juju publié dans : Enigmes du passé communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 16 mars 2008
Print0002.JPG                Mais où est donc cette fontaine?
La photo date un peu mais ça n'a pas bien changé.
par Juju publié dans : Enigmes du passé communauté : Les blogopotes de Cali
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Présentation

Remerciements


 
Pensez à laisser un message sur le livre d'or
  ou à vous abonner à la newsletter.
  Merci
 
depot nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus