Amis lecteurs, j’ai mis votre patience à rude épreuve mais cette fois, c’en est terminé. Je vais enfin vous livrer l’explication tant attendue du mystère de la Tour d’Albon.
Je crois qu’il est bon de commencer par un petit topo géographique. Le village d’Albon est situé à l’extrême Nord du magnifique département de la Drôme. La tour est située sur une colline donnant une vue imprenable sur les plaines environnantes et permettant un meilleur contrôle des environs et notamment des « Terres froides ».
Le village d’Albon doit son nom à Albus, le centurion Romain qui a hérité des mains de Jules César de ces terres. On peut ajouter qu’il en fut de même pour Anneyron avec Annarius.
La suite de l’histoire est un peu floue et c’est pourquoi je me permets cette ellipse pour en arriver directement à l’émergence de la famille Guigues au IXième siècle. D’où viennent-ils ? On ne le sait pas trop. Cette famille va par le biais d’alliances avec le clergé et de mariages (pas avec le clergé, faut suivre) gagner en puissance et en influence sur la région. Ces différentes alliances vont permettre aux Guigues de se proclamer « Comtes par la grâce de Dieu » auprès du puissant clergé de Vienne. Un comte digne de se nom se doit donc de vivre dans une demeure qui sied à son rang. Et c’est ainsi que, vers la fin de XIième siècle, débutèrent les travaux de ce qui allait devenir l’une des toutes premières forteresses construite en pierre de la région.
On parle bien de forteresse car il y avait une enceinte triangulaire de 300m de base et environ autant de hauteur. Au sommet et aux deux angles de base, une tour : celle du sommet nous reste. Au milieu de chacun des côtés du triangle, une porte fortifiée. Cette n’était pas le donjon du seigneur mais ni plus ni moins qu’un…vulgaire grenier. Et oui. Point de Guigues dans cette bâtisse, pas plus que de complots, d’accords secrets, de princesses aux interminables chevelures dorées ou de dragons en manque de chaire humaine. Simplement du grain. Pas trop déçus ?
Comment sommes nous passés d’une importante forteresse à cette misérable Tour ? La réponse est d’ordre religieux. Albon était devenue un centre Réformiste assez actif à tel point quel Gordes, le gouverneur du Dauphiné décida en 1576 de raser ce lieu. Il fit appel aux hommes d’un village voisin pour accomplir cette besogne, lesquels eurent le bon goût de nous en laisser un morceau.
Le site se visite en libre accès et n’en enst pas moins déplaisant. Notez que les sportifs et sportives aiment rejoindre ce lieu en vélo ou en courant et que certains y déposent même une trace de leur passage. Ainsi prend fin l’Histoire de la Tour d’Albon. Des questions ?
«Que s’est-il passé entre le XIième siècle et 1576 ? »
Ah ! Voici une excellente question à laquelle je répondrai vendredi…
Pour l'heure, je vous invite à regarder les photos de mon album en haut à gauche.
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