C’est le film Américain de l’année. Film Américain, quel terme péjoratif. A cette simple association, j’entends déjà les reproches affluer. « Et encore des cow-boys qui se croient sur un champ de tir ». Certes, mais ce serait mal comprendre ce genre de cinéma.
En se laissant pénétrer par le film, le spectateur se retrouve plongé dans une expérience assez intéressante.
Et si le scénario n’était qu’un rideau de fumée ? Et si le personnage principal ne servait à rien ? Et si Javier Bardem faisait son entrée au Panthéon des plus grands Psychopathes du cinéma ? Et si derrière l’apparente folie de son personnage se cachait une perception différente du rapport à autrui ? Et si les frères Cohen n’étaient pas en train de nous démontrer que faire des films en famille en améliore la qualité de façon tout à fait exceptionnelle ? Et si les Frères Cohen inspiraient d’autres frères Français ?
Est-ce que c’est normal que je me pose tout un tas de questions pendant un film ?
Vous l’avez bien compris, No Country for Old Men n’est pas un film comme les autres. J’entends par là qu’il ne correspond à aucune convention et en est même inclassable. Les personnages les plus travaillés sont les trois rôles secondaires : Javier Bardem en tueur philoso-psychopathe ; Tommy Lee Jones en policier poursuivi par ses fantômes et dépassé par une réalité trop effrayante ; et le Personnage féminin, perdu dans cette histoire que seule l’Amérique peut nous offrir.
L’histoire, et bien parlons-en. Un homme parti chasser l’antilope au fusil à lunette trouve un sac de dollars perdu au beau milieu d’un carnage. Il commet l’erreur de l’emporter et de provoquer le courroux d’un tueur complètement cinglé jurant de le retrouver. Dit comme ça, je conçois que ça ne fasse pas envie. Mais pourtant. Le rythme est étrangement lent, le temps de permettre au spectateur de réfléchir. Malgré les apparences, on est bel et bien en face d’un film cérébral et remarquablement bien soigné. Les contrastes sont saisissants et le calme apparent surprend, comme si les personnages évoluaient au ralenti.
C’est un film saisissant.
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