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Mercredi 30 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'opéra. J'ai fait mon baptême de l'opéra à la suite d'un pari "volontairement" perdu avec une amie. D'une certaine façon, ça m'arrangeait bien de me retrouver à l'opéra en ce beau dimanche d'avril (elle m'a tout de même fait râter Paris-Roubaix, la gourde ).

Pour le sujet de l'oeuvre, je l'ai déjà évoqué dans l'une de mes dernières énigmes. Benjamin Britten a toutefois pris la liberté de supprimer la scène d'introduction et d'entrer directement avec Obéron et Tytania. Il a également modernisé l'oeuvre puisque les costumes des princes ne datent pas du XVIIème mais plus des années 60. Il en va de même pour certaines postures, à connotation sexuelle plus avérée. Je rappelle que cet opéra en 3 actes de 3H a été écrit en 1960. Voilà pour le contexte. Passons à l'oeuvre en 3 chocs, si vous le voulez bien.

Premier choc : je suis au second rang, juste derrière le chef assistant et son épouse. Pourquoi est-ce un choc? Tout simplement parce que dès la première scène, la soprano ( Sandrine Piau pour ceux qui connaîtraient...) chante sur l'estrade, juste devant le premier rang. Et une soprano à un mètre de soi, ça fait quelque chose...

Deuxième choc : le rôle d'Obéron (Lawrence Zazzo). La principale particularité de cette oeuvre est qu'elle a été créée spécialement pour la voix de contre-ténor
d'Alfred Deller. Pour un profane que je suis, la voix de contre-ténor peut surprendre aux premiers abords. Cette douceur inhabituelle atténue l'aspect manipulateur du personnage.

Troisième choc: Puck. Particularité? Il ne chante pas! Le rôle est pûrement théatral et c'est un vrai régal. Militos Yerolemou n'est d'ailleurs pas un chanteur mais bel et bien un remarquable comédien. L'acteur comble son absence vocale par une importante présence scénique faite de pitreries et mimiques en tous genres.Cependant, une épilation des aisselles n'aurait pas été superflue.

Pour ce qui est des autres protagonistes, je n'ai rien de particulier à ajouter. Hormis peut-être la performance de Matthew Rose (Bottom)  en  âne...

Quatrième choc: le décor. C'est sob. Une toile, des lits et voilà tout. Le metteur en scène a privilégié l'espace au confinement et peut ainsi laisser le spectateur imaginer le décor qu'il désire. Ce choix fait également la part belle aux gestes et déplacements des protagonistes. Puck s'en donne naturellement à coeur joie.

Encore une fois, je fais cet article en tant que profane absolu de l'opéra (j'avais heureusement relu la pièce la veille et le matin même) et vous livre mes impressions en tant que tel.

C'est une première qui en appelle évidemment d'autres, à suivre en fonction de mes disponibilités.


par Julien publié dans : Délires Schizo Maniaco Psychotiques communauté : Les Cheminants
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